Vous sortez d’un séminaire où les idées ont fusé, et la synergie a tourné à blocs ? Votre chef vous demande un plan d’action sur un sujet dont vous savez pertinemment qu’il ne sera plus d’actualité la semaine prochaine ? Vous avez besoin d’un support vite fait bien fait pour un comité de pilotage piloté par des lobotomisés ? 


N’allez pas plus loin, voici 5 conseils pour faire rapido un bon plan d’inaction, qui vous ne mènera nulle part, mais qui ne vous aura pas bouffé la moitié de la journée.

1. Ouvrez Powerpoint

Powerpoint c’est l’outil des présentations utilisé partout dans le monde, donc ne réinventez pas l’eau chaude.Prenez soin de bien utiliser celui qui est « corporate » avec les logos de votre société et tout ça. Dans la construction de la présentation, pas besoin de faire des animations, vous pouvez rester sobre.

2. Rappelez le contexte de la « crise »

A ce stade soyez consensuel : des faits, rien que des faits. Chaque auditeur de votre discours doit se retrouver dans ce qui est dit, donc soyez concis, mais arrosez un peu tout le monde. Un seul mot d’ordre : on doit être d’accord avec ce que vous dîtes. Cette partie doit tenir sur une diapo maxi.

3. Donnez votre solution

A l’américaine, pas besoin de faire une thèse / antithèse / synthèse, vous balancez tout de suite la solution, la vôtre. Ainsi, cela permet de garder une présentation dynamique, sans longueurs, et surtout sans laisser le temps à vos détracteurs de construire leurs arguments pendant que vous auriez déroulé votre litanie de causes et conséquences.

Là encore, une à deux diapos, mais pas plus. De façon générale, plus vous multipliez les diapos, plus vous vous exposez à écrire des conneries qui seraient reprises contre vous…

4. Ecrivez la feuille de route

Nous voici au cœur du bluff : il va falloir écrire un vague planning avec des actions, des responsables, et des délais.

N’ayez pas peur, entrez dans l’espérance. Tels étaient les mots du Pape Jean-Paul II il y a bien longtemps : mais ils sont toujours d’actualité ! Donc voilà, écrivez une feuille de route, assez neutre, avec des délais mous, rien de saillant. Rassurez-vous, même si on vous challenge sur un timing plus serré, vous aurez toujours une excuse plus tard pour justifier un retard.

5. Proposez une réunion de suivi

C’est là que l’hôpital se fout de la charité. C’est vous-même qui allez proposer de réunir à nouveau tout ce petit monde pour parler de ce sujet hautement futile. C’est la clé de ce plan d’inaction, car ainsi vous matérialisez un minimum de votre engagement dans cette grande cause.

De toute manière à ce stade de votre présentation, plus personne ne s’intéresse vraiment à ce qui va se passer : les personnes présentes ont vu la bande annonce du film avec déjà toutes les bonnes scènes. Donc ils ont vu le film. Ils pensent que le sujet est déjà traité et enterré. La prochaine réunion n’aura bien entendu jamais lieu, d’ici là de l’eau aura coulé sous les ponts, et d’autres urgences seront venues en remplacer d’autres.

Vous voici armé d’une méthode pour bâtir n’importe quel plan d’inaction : aucune mise en pratique de ce plan n’est attendue. Par contre, en pratique, pour assumer un tel plan devant vos chefs ou vos collègues, il vous faudra un peu d’assurance