Des indicateurs, en entreprise on peut en créer des dizaines. Sont-ils tous pertinents ? Bien entendu, non. Sont-ils redondants ? Bien entendu, oui.

Mais pourtant on rencontre très souvent des documents internes avec plusieurs slides produisant à chaque fois un nouvel indicateur.

Un tableau de bord bien dense, truffé d’indicateurs techniques lourds à appréhender, et qui exige des équipes un travail de reporting très rébarbatif.

Un indicateur, par principe, va aller dans le sens du vent du moment que vous commencez à le suivre. Vous me direz, tant mieux, c’est que les choses vont dans le bon sens !

Pas si sûr ….

Vous suivez la vitesse de votre véhicule. Une pression sur la pédale d’accélération augmente la vitesse. Voyant votre indicateur augmenter, vous continuez. Jusqu’au flash …. au mieux !

Un seul indicateur va vous emmener dans une impasse car il va accentuer le trait et en quelque sorte assécher le reste de votre activité.

Alors vous mettez en place un second indicateur pour contrebalancer le premier. Et puis un 3ème pour palier les manquements du 2ème, voire du 1er.

Et vous vous enfermez dans cette spirale, en pensant avoir la situation sous contrôle lorsque tous les indicateurs sont au vert. Mais ils ne le sont jamais longtemps malheureusement …

Le bon sens :

Un indicateur ne doit pas se borner qu’à un chiffre, il faut qu’il s’accompagne d’une explication, d’un contexte, relatés par vous-même ou vos équipes.

C’est un être vivant ! Et comme tout être vivant, il a des hauts et des bas qu’il ne faut pas chercher systématiquement à combler. Que serait un arbre si c’était tout le temps l’hiver ? Que seriez-vous si on vous forçait à manger toute la journée car l’action de manger dope votre énergie ?

A mon sens, un tableau de bord de décision doit être constitué de 3 à 4 indicateurs, pas plus. Ceux-ci couvrent votre activité et se complètent ensemble. Vous êtes en mesure d’expliquer le sens de chacun, et l’impact qu’aurait la variation d’un indicateur sur les autres.

Comme très souvent, mieux vaut un outil moins disant mais que vous maîtrisez, plutôt qu’une Porsche que vous ne saurez même pas démarrer.

Le sens paysan :

Finalement le tableau de bord de chacun dépend de son propre vécu et de son niveau d’expérience.

Vous entrez dans un avion : alors que vous n’irez pas très loin, un pilote saura décoller et atterrir.

Mais ce même pilote entre dans une fusée, le voilà bien coincé, là où un astronaute sera complètement à l’aise.

Et rien ne dit que cet astronaute une fois devant votre machine à laver saura qu’il faut taper 3 fois dessus et 2 fois sur le côté pour l’enclencher …

En bref, ne cherchez pas à copier d’autres entreprises, d’autres services, d’autres façons de faire. Adaptez votre bon sens paysan pour fixer quelques règles simples et gardez-les !