On entend souvent cet adage, qui vient comme une sentence, couper court à tout dialogue entre managers au sujet du contrôle du travail de leurs collaborateurs.

OK Paul se débrouille bien, mais bon en ce moment il est plutôt à la piscine que devant son PC, je vais devoir vérifier s’il a bien fini ce que je lui avais demandé lundi.

On parle de la confiance en formation, on en fait des tartines, chacun se lance dans des élans de bienveillance, et que la force des bisounours soit en nous !

Mais le bon vieux contrôle revient comme un boomerang dès que la pression du quotidien se fait sentir, dès que l’étau de l’incertitude se resserre.

Ah douce théorie quand tu te confrontes à la pratique ….

Et pourtant ce contrôle génère énormément de frustration chez vos collaborateurs ou collègues si vous êtres chef de projet.

Imaginez que je vous demande de me faire un gâteau : à chaque ingrédient que vous ajoutez, je viens m’assurer que l’ingrédient est bien le bon et je le repèse. Il y a fort à parier qu’au prochain ingrédient vous allez me dire de le peser moi-même, ou bien de peser à la va-vite puisque vous êtes à peu près certain que je ferai le contrôle balance dans la foulée. La dernière fois, le gâteau était trop cuit : je vous impose donc une nouvelle procédure, il faudra ouvrir le four toutes les minutes pour vérifier la cuisson. Même si je ne vérifie pas à vos côtés, le fait d’ouvrir le four sans cesse va considérablement rallonger la cuisson de cette belle pâtisserie, et vous mettre en retard. Vous passerez une nouvelle fois pour un moins que rien qui n’est pas à la hauteur de ces objectifs …

Le sens propre :

Contrôleur de tout bord, lâchez vos poinçons et …. laissez faire.

La grande majorité des gens dispose d’un bon fond et ne cherche pas à nuire ou à mal faire. De toute manière, un nuisible contournera toujours chaque nouvelle procédure pour se mettre à son avantage.

Commencez par encourager et féliciter. Pensez aux premiers pas d’un enfant, on s’enthousiasme tant pour à peine quelques pas hésitants !

Ensuite avancez en donnant un feedback constructif sur les points qui ne correspondent pas à vos attentes. Soyez clair sur ce que vous attendez, mais laissez libre champ à la méthode.

En bref, la confiance exclut le contrôle, mais n’exclut pas le dialogue.

Le sens du vent :

Depuis quelques années, on voit fleurir de nombreuses entreprises dites libérées, notamment aux Etats-Unis. Offrant une large part à l’autonomie, l’auto-gestion et la créativité de ses salariés, ce type d’entreprise fait rêver sur le papier.

Meilleure implication, moins de turn-over, congés illimités, CA en hausse … Attention toutefois, il convient d’être prudent si vous souhaitez mener votre entreprise ou votre équipe vers plus de libération. C’est un long processus qui se dresse devant vous : commencez tout d’abord par renforcez la qualité du management pratiqué par vos cadres, c’est le socle indispensable pour construire des équipes motivées et autonomes.